Le Vallon va faire cause commune

Raphaël Bovy et 18 autres entraîneurs vont s’employer, via le nouveau groupement, à améliorer le niveau de formation d’une ribambelle de gosses du vallon de Saint-Imier

Dans le vallon de Saint-Imier, le domaine de la formation deviendra, dès la saison prochaine, l’affaire de tous, ou presque. Les FC La Suze (né en 2007 de la fusion entre Sonceboz et Corgémont) et Courtelary viennent en effet, au terme de tractations menées au pas de charge, d’officialiser leur affiliation au groupement des équipes de juniors lancé par le Team Erguël, association déjà existante et composée de Saint-Imier et Sonvilier. Seul club du coin à avoir renoncé pour l’heure à se rallier à la cause commune, l’US Villeret continue de faire bande à part.
« A mon avis, et nombreux sont ceux qui le partagent, unir les forces de Sonceboz à Sonvilier constitue le seul moyen de survie pour tous ces petits clubs, qui, pris séparément, ne sont pas ou plus en mesure d’assurer convenablement leur relève », remarque Raphaël Bovy (42 ans), l’initiateur du projet. « Grâce à l’apport de La Suze et de Courtelary, nous serons en mesure d’aligner non moins de 19 équipes dans le championnat 2017/18, réparties dans toutes les classes d’âge, des juniors G aux A, contre 10 seulement en 2016/17. Et la bonne nouvelle est que les 19 entraîneurs qui seront appelés à s’en occuper sont déjà tous sous contrat! »

Avec Mario Maniaci
Chef technique du Team Erguël depuis sa création, il y a trois ans, et depuis peu également du mouvement juniors de Courtelary, Raphaël Bovy va endosser logiquement la responsabilité de tout le groupement. « Je serai surtout chargé de faire le lien entre les clubs », explique-t-il. Parallèlement, le Curgismondain de 42 ans continuera d’entraîner les juniors D du Team Erguël. Ce passionné de foot, grand supporter de Manchester United devant l’Eternel et par ailleurs logisticien en chef chez Swiss Timing, n’a décidément pas froid aux yeux.
A noter que La Suze vient d’engager une autre pointure régionale comme responsable technique de ses juniors: Mario Maniaci, figure illustre des milieux footballistiques de la région pour son passé haut en couleur de joueur et d’entraîneur, au FC Bienne en dernier ressort.

Tremplin vers la fusion
« Au début, il faudra faire preuve d’un peu patience », estime Raphaël Bovy. « Ce groupement ne devrait porter ses fruits que dans trois ou quatre ans. Au-delà de cette échéance, il devrait être envisageable d’incorporer chaque saison une demi-douzaine de juniors dans les différentes équipes d’adultes. Tel est en tout cas le but de toute l’opération. »
Dans son esprit, ce rapprochement ne saurait être qu’un tremplin vers un objectif encore plus ambitieux: la fusion de tous ces clubs en une seule entité. « Oui », dit-il, « il faut s’inspirer de l’excellent exemple du FC Tavannes/Tramelan, qui a fort bien réussi son mariage et sa mue. Nos dirigeants ne sont sûrement pas plus bêtes que les siens et notre bassin de population est au moins aussi important. A terme, une fusion serait bénéfique pour tout le monde. Si un tel projet devait capoter, alors le foot dans le Vallon foncerait droit dans un mur! » Mais attention: un seul et même club pour tout le Vallon, c’est encore de la musique d’avenir.
A long terme, Raphaël Bovy nourrit encore un autre espoir: celui de faire construire un terrain en gazon artificiel qui profiterait à tous les clubs. «Les communes du Vallon viennent de prouver qu’elles savaient se solidariser et bourse délier pour entreprendre les travaux d’assainissement et de modernisation de la patinoire de Saint-Imier. Pourquoi ne feraient-elles pas aussi un geste en faveur du football?», suggère-t-il. La question est posée.

Des principes très simples
Dans la pratique, le groupement du Vallon fonctionnera selon des principes très simples. « Il a été admis que les clubs conserveront leur autonomie pour ce qui concerne les juniors les plus petits, c’est-à-dire les G, F, E et D », annonce Raphaël Bovy. « Chacun d’eux est suffisamment pourvu en la matière pour pouvoir aligner ses propres équipes sans devoir recourir à l’aide d’autrui. »
En revanche, les clubs placeront leurs juniors C, B et A, catégories où règne une évidente pénurie, dans des équipes communes, c’est-à-dire deux de 
C, deux de B et une de A. Ce qui n’ira évidemment pas sans causer quelques inévitables problèmes de transport pour les joueurs et/ou parents concernés, dont certains vont devenir des pendulaires. « Nous tirerons un premier bilan de nos expériences à la fin du premier tour et apporterons alors d’éventuels correctifs à notre organisation », indique Raphaël Bovy.
Dans un deuxième temps, le groupement entend procéder à une sélection, « histoire de travailler davantage par degré de qualité des juniors », souffle notre interlocuteur. L’idée étant de réunir les meilleurs éléments dans un environnement plus stimulant pour eux.
Financièrement, les frais de fonctionnement du groupement seront répartis entre les clubs, au prorata de leur nombre de joueurs. Et chaque club continuera d’encaisser les cotisations de ses membres.

Source: Journal du Jura / Etienne Chapuis